
Jargon
du Cyclisme et expressions populaires
(source Expressions du
cyclisme de Paul Fabre - Ed Bonneton)
Ajuster :
c'est venir devancer, sur la ligne d'arrivée ou dans les derniers
mètres d'un sprint, un adversaire qui était tout près
de gagner. "Tu fais le mort pendant deux cents kilomètres et tu
viens ajuster toute la meute sur la fin" (Géminiani).
Astiquer les rivets de la selle : cette métaphore
s'applique au coureur à la peine qui reste assis à l'avant
de la selle de son vélo. Autre variante : Etre/Se mettre sur les
trois rivets ; Avoir la selle dans le trou du cul ; Faire du bec de selle.
Avoir de la laine sous les ongles : tenter
de gagner en s'accrochant au maillot de son adversaire, se servant de
cet appui pour se propulser en avant.
Avoir des braquets d'asthmatique : expression
qui s'applique aux petits développements du coureur en difficulté
ou à ceux qu'utilisent généralement les cyclotouristes.
On parle aussi de Braquets pour grimper aux arbres.
Avoir la pancarte : vêtir le maillot tricolore du champion
de France, le maillot arc-en-ciel du champion du monde ou le maillot jaune
du Tour de France (ou quelque autre maillot distinctif).
Avoir la socquette en titane : avoir la pédale
légère.
Becqueter de l'aile : se faire remorquer en s'appuyant de temps
à autre sur l'aile d'une automobile.
Chatouiller les pédales : cette expression exprime l'aisance,
la facilité dont fait preuve un coureur, grâce à de
bonnes dispositions naturelles ou à un état de forme excellent.
Compter les pavés : rouler à
une allure trop lente parce qu'on n'a plus de forces pour aller vite.
Coup de cul : élévation de
la route sur une distance relativement courte qui nécessite de
lever les fesses de la selle.
Courir en rat/en raton : tirer honteusement
parti des efforts des autres alors que l'on n'en consent soi-même
aucun.
Course à la pédale : course
débarrassée de trop de considérations tactiques.
Descendre à la cave : tomber du grenier
à la cave, exprime un revers de fortune important et subit.
Ecraser les pédales : pédaler
en force et non en souplesse en appuyant alternativement sur chaque pédale
au lieu de tourner rondement les jambes.
Emmener la braquasse : adopter un très
grand développement et être capable de le "tirer", ce qui
n'est évidemment pas à la portée de tout le monde.
En mettre un coup sur la meule : accélérer
vivement l'allure ; on dit aussi Tirer sur la meule.
Enrhumer un adversaire : si l'été
prochain, par temps de canicule, vous enrhumez Lance Armstrong en le doublant
dans la montée vers Luz-Ardiden, c'est que vous êtes un sacré
grimpeur !
En rouler une dégueulasse : effectuer un relais long et
puissant pour provoquer une cassure, ou échappée ou propulser
un équipier.
Enterrement de première classe : expression qui s'applique
à un peloton au sein duquel tous les favoris de la course se trouvent
et qui s'est plus ou moins désintéressé des coureurs
échappés.
Envoyer dans la moulure : relancer la course
sans discontinuer et surtout sans laisser le temps à l'adversaire
de récupérer.
Etre dans la mafia : faire partie d'un groupe
de coureurs qui, bien qu'ils puissent appartenir à des équipes
concurrentes, s'entendent pour exclure des gains et des primes tout autre
coureur qui n'a pas été invité à partager
leurs intérêts. Expression similaire surtout adaptée
à la piste : Etre dans le train bleu.
Etre un couraillon : cette expression s'applique,
avec un peu de mépris, à un coureur médiocre ou dont
l'intelligence en course est... limitée.
Faire connaissance avec la sorcière aux dents
vertes : crevaison ou malchance.
Faire de la patinette : se laisser porter
par la course sans y participer vraiment, tout en donnant l'impression
d'être dans le coup.
Faire une sortie d'hôtel : expression
qui s'applique à un coureur ou à une équipe qui porte
une attaque dès le départ réel de la course.
Filocher : suivre facilement l'allure d'une
course.
Gagner à l'emballage : gagner en devançant
ses adversaires sur la ligne d'arrivée.
Le concours de grimaces est commencé :
on dit que le concours de grimaces est commencé lorsque les hostilités,
comme les premiers démarrages, démarrent.
Manger la luzerne : se dit d'un coureur qui,
ayant perdu le contrôle de son vélo, va atterir dans un champ.
On dit aussi Piétiner la luzerne ou Brouter.
Mettre la barbiche/la chape : devance d'extrême
justesse un adversaire sur la ligne d'arrivée d'une course : il
faut quelquefois la consultation de la "photo-finish" pour décider
du vainqueur.
Mettre la flèche : abandonner une
course.
Mettre la grande soucoupe : désigne
de façon métaphorique le grand plateau du pédalier.
Mettre le nez à la fenêtre :
tester ses adversaires en se portant en tête de la course ou en
plaçant quelques accélérations afin d'évaluer
leurs forces et leurs faiblesses et juger de l'opportunité de les
attaquer.
Passer le coude : c'est notamment au cours
d'un sprint et lorsque les coureurs frottent, s'efforcer d'empêcher
un adversaire de passer en écartant son coude ou ses deux coudes.
Pédaler avec les oreilles : cette
expression s'applique à un coureur dont le style manque de fluidité
dans l'effort et qui balance la tête de droite et de gauche en pédalant.
Pédaler dans l'huile : c'est le contraire
de pédaler dans la choucroute, c'est à dire avec aisance.
Piocher : ce verbe désigne un coup
de pédale heurté et saccadé. On dit également
Enfoncer des clous, Pédaler carré, Scier du bois.
Poser une mine : porter une attaque violente
et soudaine.
Ramasser les casquettes : coureur ou équipe
n'ayant rien gagné et ayant seulement fait acte de présence
sur une course.
Rester en croustille : ne plus avoir de forces
pour suivre les autres et se retrouver seul à l'arrière
de la course.
Rouler en chasse
patates : c'est être entre deux groupes sans réussir
à rattraper le 1er et sans se faire rattraper par le 2ème
(merci Alexandre)
Se rebecqueter : retrouver des forces, perdues
pendant un certain temps.
Sucer la roue : rester à l'abri dans
le sillage de ses adversaires en leur laissant accomplir toute la besogne
et en espérant tirer profit de leurs efforts.
Talonner de l'arrière : avoir le boyau
ou le pneu de la roue arrière en partie dégonflé,
ce qui a pour conséquence de faire ressentir au coureur tous les
ressauts de la route et toutes les inégalités de la chaussée.
On peut aussi Talonner de... l'avant.
Visser la poignée : se mettre à
rouler très vite et à augmenter cette vitesse à la
manière d'un motocycliste qui tournerait vivement la poignée
des gaz de sa moto.
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